L’éducation de la jeune fille en Afrique

L’éducation pour tous est un droit Humain et fondamental selon l’article 28 de la Convention Internationale des droits de l’enfant de 1989 : « Les Etats parties reconnaissent le droit de l’enfant à l’éducation, et en particulier, en vue d’assurer l’exercice de ce droit progressivement et sur la base de l’égalité des chances »,  et inscrit dans les Objectifs du Millénaire pour le développement et les Objectifs de développement durable. Quant à l’éducation de la jeune fille, elle est reconnue comme un levier très puissant pour éradiquer la pauvreté et ainsi accéder au développement. Feu Kofi Annan, ex Secrétaire Général des Nations Unies, disait à cet effet : « Il n’existe aucun instrument de développement plus efficace que l’éducation des filles ». Cette affirmation témoigne à suffisance de la place indispensable de l’éducation de la jeune fille dans le développement d’un pays.

Mais, dans le monde et en particulier en Afrique la réalité est autre. Près 80% des jeunes filles non scolarisées de la planète sont d’origine africaine. Ce chiffre déplorable et  alarmant amène à réfléchir sur l’éducation de la jeune fille en Afrique .De nombreuses raisons de cette non-scolarisation sont évoquées :les plus récurrentes s’articulent autour du poids de la tradition et de la culture sur la jeune fille, c’est le cas du sud du Malawi où l’initiation sexuelle de jeunes filles est faite par des « hyènes » , hommes choisis par la communauté et payés pour ces rapports  sexuels de force( la pratique est certes interdite mais dans les régions rurales où le droit local prime elle subsiste ), la situation d’extrême pauvreté , les menstruations ,les violences faites aux filles  ,les mariages et les grossesses précoces, la traite et le travail des enfants, l’ignorance des parents .

Au vu de tous ces freins à l’éducation, l’on comprend aisément que la scolarisation de la jeune fille est un combat en Afrique, une lutte non seulement pour le respect et la préservation de la dignité de cette jeune filles mais aussi pour le développement en général car, scolariser la jeune fille, c’est lui permettre de prendre conscience de son potentiel et de ses  multiples compétences, d’opérer des choix de manière autonome et d’avoir un bon métier pour se construire un avenir meilleur. Mais la question qui subsiste aujourd’hui et à laquelle il est impératif de répondre est celle de savoir : Quelle orientation suivre pour mener ce combat pour la jeune fille en Afrique ? Autrement dit, comment parvenir à une scolarisation de toutes les jeunes filles en Afrique, surtout dans les milieux ruraux ancrés dans les coutumes et traditions ancestrales ?

Cette question qui relève de l’intérêt général s’adresse à tous et chacun a sa pierre à poser dans la construction de cet édifice, les Organisations Internationales, les Etats, les parents, les garçons de même que les jeunes filles elles-mêmes.

  • Les Organisations Internationales dans la mise en place des conventions internationales favorables à l’éducation pour tous et des projets d’accompagnement des jeunes filles et des investissements liés à l’éducation (création d’établissements scolaires, groupes d’épargnes féminins, distribution des fournitures scolaires et bourses….).  
  • Les Etats dans la mise en œuvre des politiques publiques favorables à une éducation des jeunes filles  leur ainsi offrant un espace de liberté et d’épanouissement  et la mise en place d’un arsenal juridique qui protège la jeune fille et condamne toute forme de violation de ses droits et libertés;
  • Les parents dans la prise de conscience des droits de leurs jeunes filles et en leur donnant une chance d’avoir accès aux infrastructures scolaires ;
  • Les garçons dans l’acceptation de la jeune fille en tant qu’être Humain et en brisant toutes les barrières de l’inégalité et de supériorité envers la jeune fille ;
  • Les jeunes filles dans une prise conscience de la richesse de leur potentiel et dans une  implication totale dans leur éducation, tout ceci en refusant toute forme de discrimination ou de violence.

A travers notre plaidoyer, nous nous battons pour que chaque fille ait accès à l’éducation dans sa région et  puisse librement faire ses choix, préparer son avenir et dire non à toute forme de violence et d’exclusion sociale  car « Éduquer une femme, c’est éduquer toute une nation ».